Chapitre 2

Jean-François MONNIN
"SWISS BANKS"

 

La grosse tuile !

     

Je suis couché, je regarde le plafond. Mes muscles se raidissent, une grosse crampe sur les deux jambes se déclenche. Mes deux jambes sont dures et me font mal, qu'est-ce que cela, est-ce normal ?, est-ce que ça arrive dans la vie ?.

Les muscles sont si durs, la crampe est si forte que je ne sais si ça va exploser ?
Mes deux jambes sont tendues comme si je voulais faire deux mètres d'un seul coup. Et tout à coup, tout lâche !

Plus un muscle, les jambes deviennent froides. Elle sont encore accrochées à moi, mais je ne les maîtrise plus, elles sont pendantes et lourdes. Que faire ?

Je me mets à penser, que cela doit arriver à tout le monde, ou tout du moins, une fois, au moins dans la vie. Que se passe-t-il ? Combien de minutes cela vas-t-il durer ? Dix heure, Onze heure, mon grand père arrive dans la pièce, et me lance "tu ne veux pas te lever ?". " Si, si je vais bientôt me lever, je profite de mes vacances pour faire la grâce matinée". Je ne vais pas lui dire ce qui arrive et lui faire peur. Nous habitons à ce moment-là au restaurant Central à Moutier (devenu depuis "Chez René" et ensuite "la Rotisserie du Centre", et vers midi et demie, ma mère, cuisinière, m'appelle, depuis les escaliers, pour que je vienne manger.

Sans avoir de réponse, elle revient dix minutes après et insiste. Elle entre dans la chambre et me dit "tu viens". Je lui réponds, "je ne peux pas, je ne peux plus marcher !". Elle devient livide et blanche et descend chercher mon père. Celui-ci arrive, et crie " qu'est ce tu emmerdes , tu descends manger ?". Et là, je lui explique, que j'ai essayé de me traîner à terre, et, de mettre sur mes jambes, celles-ci me suivent, mais elles sont comme un drapeau, sans vie.

Il vient vers moi, regarde, me touche et se rend compte combien elles sont devenues froides. Il me prend dans ses bras, en abandonnant son bistrot, et m'emmène dans sa voiture, direction l'hôpital de Moutier.

Toute l'après-midi dans un lit à attendre que quelqu'un s'excite dans cet hôpital !. J'ai encore des sensations nerveuses, à ce moment-là et le froid me fait mal aux os. En me mettant des bouillottes sur les jambes, j'aurai des brûlures partout et à 17h., le seul constat que l'on peut faire. C'est que aucun toubib s'occupe de moi, alors que j'ai tout d'une grangraine, sinon d'une grangraine annoncée puisque le sang ne circule plus ! En panique, mon père et moi décidont de s'en aller pour le Kinderspital à Berne, hôpital des enfants.

Et là, à Berne, enfin, des médecins qui arrivent à moi, et, qui m'entreprennent. Vers 21h., après de multiples analyses et examens, ces derniers me proposent deux possibilités: soit une opération, soit un goutte à goutte pour éclaircir le sang et dilater les veines. Que choisir ?

Cette fois là, j'ai eu de la chance, la chance de ma vie. Mais en contre-partie de ce que je vais vivre ensuite dans ma vie, j'ai largement tout repayé cinq fois.

 

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