Chapitre 10

Jean-François MONNIN
"SWISS BANKS"

 

Le combat pour survivre

     

Donc, nous voilà en 1995. Les taux ont montés vers 7% et mes immeubles, mes commerces me font serrer les dents, et, c'est entre CHF 30'000-40'000.- d'intérêts manquants, qu'il me faut assumer. Le pire c'est que, certain de mes partenaires banquaires n'appliquent pas le 5% promis.

Le canton du Jura n'acceptera pas mes déclarations d'impôts, car sur le fait de pouvoir déclarer tous les intérêts passifs à 100%, je me retrouvais sans salaire personnel. De plus ils ont lancé leur nouvelles valeurs officielles. Lamentable prestation de ce nouveau canton, certain de mes immeubles prennent et 11 fois leur valeur et les primes de taxe officielle s'enflamment. C'est nul, les valeurs locatives étant ce qu'elle sont devenues, les personnes âgées ne peuvent plus garder leurs maisons un peu amorties. Les jeunes ne peuvent pas acheter à cause des taux et des fonds propres. On doit soutenir l'accès à la propriété et non pas la bloquer, il faut surveiller les banques et leur imposer une manière de traiter les clients, sinon faire venir les banques européennes et dire aux banques suisses de tenir seulement des guichets.

Depuis les problèmes immobiliers qui sont apparus vers 1992, rien n'a été fait. Au contraire des erreurs, ont été commises, cela porte préjudice aux marchés. Aucune mesure n'a évolué depuis, par exemple les CHF. 100'000.- de poursuites que j'ai engagées ne m'ont rien apporté, pas CHF.1'000.-. Je n'ai reçu que des actes de défauts de biens. Ce n'est pas normal, et c'est encore plus anormal de ne pas avoir fait évoluer les lois concernées. Alors comment voudriez-vous que les gens qui ont fait ce canton depuis les années quatre-vingts puissent m'aider dans mon sport. A la suite de l'annonce des champions jurassiens en 1978, j'ai piqué la mouche, car j'ai même été oublié et tous les autres recevaient 1'000.- comme prix. J'ai été demander pourquoi ce champion de niveau mondial, n'était pas dans ces champions suisses, j'ai reçu mes mille francs et mon diplôme de champion, c'est mignon comme tout.

Donc, revenons à nos moutons. Je me bats entre le Café-Bar des Sports qui marche super bien, mon immobilier qui me donne soucis et qui me coûte très cher. Je ne cours plus et je dois même trouver d'autres solutions pour gagner encore plus, en attendant des taux à moins de 5%, voir moins de 4%. Dans mes perspectives de budget sur mon immobilier, jamais j'ai osé espérer du 3% ou moins.

Mon beau-frère, tenancier depuis deux ans de l'Hôtel de la Gare à Moutier me rencontre. Et par le biais de sa comptabilité, je suis au courant de sa situation financière. Il faut relever ici, que dans ces années-là, je fais la compta pour six cafés-restaurants dans le jura-bernois pour m'en sortir un peu mieux. Donc, après deux ans oû on ne sait pas où sont allées toutes les caisses, son entreprise est fichue, il manque CHF 200'000.- et il faut soit, que je les laisse à leur sort avec ma soeur. Ils n'ont même plus de caisse-maladie.

Mon autre idée et celle de croire à l'espoir de mettre la GARE sur la bonne voie, et de gagner de l'argent avec, dans deux, trois ans. Il est grand temps de bouger, car ma soeur est dans une situation catastrophique et ça n'ira que jusqu'où je mettrai mon stop.

J'emprunte à la BJEC à Moutier CHF 50'000.- une deuxième fois cautionné par le CCAM, société de cautionnement des cafetiers, précision qui sera utile plus tard. Et je reprends l'Hôtel-Pizzeria de la Gare à Moutier, au 1er juillet 1995. Encore une corde à mon arc, une de plus pour survivre à mes engagements.

Je vais vous expliquer comment j'ai repris ce commerce en créant Immobar sàrl (immo pour immobilier et bar pour les restaurants).

 

 

 

 

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